Pour certains chercheurs et économistes, la planètepourrait enfin... respirer

Ironique, Marc Fiorentino, président d’Euroland finance, n’en pense pas

moins que la crise financière sera bonne pour l’écologie. Lui et un bon

nombre d’experts se rappellent à quel point le premier choc pétrolier de 1973

avait déclenché « une chasse au gaspi ». Sauf qu’à leurs yeux, le changement

sur les modes de consommation sera cette fois durable. La baisse

du trafic routier, aérien ou maritime liée au recul de la consommation et

des investissements se traduit déjà par une réduction des émissions de

gaz à effet de serre.

Dans son rapport « Révolution énergétique », Greenpeace estime qu’un

investissement mondial de « 9 milliards de milliards de dollars » dans

les énergies renouvelables permettrait l’émergence d’une industrie

très rentable et la réduction des émissions de CO2. La somme à investir est

impressionnante, mais il faut mettre dans la balance le fait que d’ici à 2030

plus de « 18 milliards de milliards de dollars de dépenses » en énergies

fossiles auraient été économisés dans le seul secteur de l’électricité,

relève son co-auteur, Sven Teske. Le rapport prévoit que d’ici à 2030,

l’industrie des énergies vertes multiplierait son chiffre d’affaires par cinq

de 70 à 360 milliards d’euros, avant d’atteindre en 2050 la taille de l’industrie

fossile d’aujourd’hui. « Il faut saisir l’occasion de construire des économies

qui soient basées sur une prudence à la fois financière et

environnementale », confirme le P

r

Tim Jackson, spécialiste du développement

durable à l’Université britannique de Surrey. Pour lui, la crise

financière est une « fantastique occasion » de « repenser » notre modèle

économique. L’économiste américain Jeremy Rifkin, dans un entretien

au quotidien El Mundo, juge que le monde sortira de la crise grâce à

une « 3

e

révolution industrielle », basée sur la communication mais aussi

sur de nouvelles formes d’énergie telle l’hydrogène. La « globalisation a atteint

ses limites et il faut la réinventer » du bas vers le haut, en particulier sur le plan énergétique, poursuit cet

ancien conseiller de Bill Clinton.

Rifkin réclame aussi une réduction des activités d’élevage. D’après lui, le bétail

occupe 30% de la superficie cultivable mondiale et représente une « des

grandes causes de la déforestation et des émissions de méthane ». « Si

les terrains occupés par l’élevage étaient dédiés aux cultures pour

l’alimentation humaine, nous mettrions probablement fin à la faim dans le

monde », souligne-t-il.

« La crise a fait plus en un mois pour l’environnement que tous les Grenelle de l’environnement du monde ».